Paulina, Maman,
Comme tu nous invitais souvent à le faire, nous souhaitons commencer ce mot en remerciant le Seigneur de t’avoir donné la vie, la foi, l’amour et tous les dons dont Il t’a
dotés.
Merci de nous réunir aujourd’hui pour cette messe d’enciellement, toi qui a toujours porté en toi cette foi inébranlable, une fidélité incroyable au Seigneur et une grande compassion pour les personnes en difficulté.
Tu es notre petite résistante, depuis toujours, depuis tes premières années à Zamiechow. Toute ta vie, tu as mené un combat permanent pour la vérité et la justice d’abord car elles te
tenaient terriblement à cœur, mais aussi un combat face aux difficultés, aux incompréhensions, à une santé défaillante et à la maladie. Tu as été notre petite résistante, jusqu’au bout, même dans la fragilité de ces derniers mois et de ces derniers jours
En Pologne, tu as appris, très petite, l’importance de la foi, de la liberté, des convictions qui ne sont rien si on ne les vit pas et si on ne les défend pas ; tu y as vécu un double déracinement ; tu y a aussi goûté la joie du vivre et du fêter ensemble, malgré les pratiques religieuses différentes.
De ce pays, tu as conservé le souvenir brûlant des cerisiers en fleurs et des adieux d’un jeune cheval.
La famille était au cœur de ta vie, dans les bras de ton grand-père Jan d’abord, avec tes parents, Maria et Joseph, et ton petit frère Michel auquel tu portais une attention discrète et
une très grande tendresse, pudique.
Et bien sûr avec Papa avec qui vous avez construit une nouvelle famille, votre famille, Papa que tu as accompagné à Berlin, Caen, Chalon-sur-Saône et Versailles, au gré de ses affectations. Comme le dit Papa, tu as été son soutien, grâce à ton dévouement pour les tiens et à ta patience, tu lui as permis de se consacrer à ses activités professionnelles et à ses
engagements militaires.
Tu as été maman, tu as voulu nous transmettre le meilleur de ce que tu étais, tu avais confiance en nous.
Puis tu as été grand-mère : une mamie très présente, prenant sans hésiter le train pour garder tes petits-enfants, attentive à leur épanouissement, préparant ta soupe légendaire,
défendant farouchement tes convictions et partageant ton amour de la nature. Tu es une mamie qui a beaucoup compté pour eux, y compris dans la nouvelle tranquillité de ces
dernières années.
Tu étais une femme curieuse, t’intéressant autant à la spiritualité qu’à la médecine, à la botanique, à la peinture ; tu étais fine, intelligente et exigeante mais surtout avec toi-même.
Tu étais aussi très active, au jardin, à la maison, à la paroisse
Émerveillée par les fleurs que tu faisais pousser dans le jardin ou sur le balcon et que tu rassemblais en bouquets magnifiques et étonnants pour l’église, émerveillée par les plantes qui se développaient sans cesse ou ressuscitaient inexplicablement sous tes doigts, émerveillée par les oiseaux, que tu recueillais quand ils étaient blessés – je pense à cette mésange que vous avez, Papa et toi, soignée quelques semaines en liberté dans
l’appartement avant qu’elle ne reprenne son envol
Tu étais aussi une cuisinière hors pair, prenant le temps de préparer et d’offrir de bons plats toujours joliment présentés, même si tu les disais souvent « ratés », tu étais une couturière créative, une bricoleuse ingénieuse qui n’hésitait pas à se lancer dans la création de meubles sur-mesure.
Tu étais aussi très drôle, tu avais beaucoup d’humour ; tu avais gardé ton âme d’enfant et tu aimais faire des farces, avec une créativité assez déconcertante.
Nous te remercions pour tout ce que tu nous as offert, partagé, tout ce que tu nous as transmis.
Nous sommes tellement, tellement heureux que tu aies pu rejoindre le royaume du Père.
Nul doute que tu resteras plus que jamais notre petite résistante qui prendra soin de chacune et chacun de nous.
Dziękuję Mamo